KOUKA Ntadi

KOUKA  Ntadi

   KOUKA est un artiste peintre né à Paris en 1981. Métis Franco - Congolais, petit - fils du peintre expressionniste Francis GRUBER, acteur du mouvement HIP - HOP depuis 1996, puis diplômé de l'école des Beaux Arts. Il ne cesse d'interroger ses origines, sur ses toiles comme dans la rue, sa pensée racine est fidèle à une tradition nomade. Déclinant différentes formes du portrait, KOUKA développe ses thèmes de recherche autour de l'essence de l'Homme, et de l'indentité.

   Son travail se caractérise par l'expressivité et la spontanéité du geste, laissant volontairement apparaître les imperfections, les imprécisions et les coulures. Sa peinture se joue des codes du Graffiti pour mieux toucher au coeur d'une recherche sur le stat de l'image.

   Depuis ses fameux " GUERRIERS  BANTOUS " qui ont marqué sa première empreinte urbaine singulière, KOUKA ne cesse de rappeler que l'espace public, comme le monde, n'appartient à personne et que, s'il est possible de s'accaparer un territoire, on ne peut s'approprier une culture. Cette symbolique présente dans la série des " Chimpanzés " qui nous ramènent à ce que nous sommes, à ce que nous avons étè mais aussi ce que nous serions sans nos acquis culturels, l'est également dans les silhouettes sans visage libérées d'appartenance à toute origine dans la série " HLM ".

   S'affirmant avec un travail quazi obsessionnel sur l'autoportrait, KOUKA superpose les écritures à l'élément figuratif, créant un voile entre le visage de l'artiste et le spectateur qui devient protection et vecteur de pensée. Parfois la figure disparait pour laisser place à l'écriture et son pouvoir. Le travail devient une surface blanche où seule la force des mots s'exprime. Indistinct, indéchiffrable, énigmatique, le langage n'est plus identifié, les mots se changent en symboles comme un retour à l'universalité.

   Ses installations in situ s'articulent autour de 3 thèmes: PARTAGER, HUMANISER, COHABITER.  

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KOUKA Ntadi:  "" La culture est une remise en question, non une certitude ""  par Stéphanie JACOB --- pour L'Economiste --- rubrique Culture --- 27/04/2017.

   Venu tout droit de Paris, c'est pourtant la terre Afrique qui inspire KOUKA. Sa rencontre avec la civilation originelle africaine, les BANTOUS, a opéré un tournant dans sa carrière et dans sa vie. Depuis, il les érige un peu partout sur toile, sur palissade, dans les rues de Paris, Libreville, Berlin, Miami, au Maroc aussi, ou face à la mer sur l'île de Gorée pour la biennale de Dakar.

   Des Guerriers Debouts, plus protecteurs que menaçants, réalisés à JARDIN ROUGE à MARRAKECH et soutenus par la FONDATION MONTRESSO, sont actuellement présentés pour l'événement " L' Afrique en Capitale " à Rabat.

   Une rétrospective de 4 années de recherche picturale par KOUKA investie donc le MUSEE MOHAMMED VI d'art contemporain, alors que son installation " Le guerrier de la République " a pris place sur le parvis. Echange avec un artiste qui nourrit dans son oeuvre une relation triangulaire entre la nature, les hommes et le sacré.

- Stéphanie JACOB: Comment est né votre travail sur les guerriers Bantous, exposés à Rabat ?

- KOUKA Ntadi: Le guerrier Bantou est un personnage qui me suit depuis 8ans, mais que je peignais exclusivement dans l'espace public. Il s'agissait pour moi d'exprimer l'idée d'expansion des peuples. A l'origine, les Bantous sont un ensemble d'ethnies qui ont construit l'Afrique en se propageant petit à petit sur la planète entre les flux migratoires et l'esclavage. Je dessinais ces guerriers dans une démarche très GRAFFITI en m'appropriant les territoires sur les lesquels j'allais, histoire de recréer une géographie. Ce travail est pour moi très différent de celui en atelier. Tu dois te confronter à l'extérieur, à la rue. Pendant ma résidence à JARDIN ROUGE, j'ai essayé de réconcilier les deux pratiques entre la recherche du support et une intervention aussi spontanée que dans l'espace public avec ces guerriers Bantous.

- C'est donc aussi une histoire de matière...

- J'ai longtemps travaillé la toile avant d'être confronté à toute l'histoire de l'art qui est derrière. Pour un peintre contemporain, il est difficile de passer après des Raphaël,Caravage ou Michel Ange. Comme disait Dali, " je pourrai jamais faire mieux que les peintres de la Renaissance Italienne ". L'idée était donc de travailler un nouveau support qui fasse écho à l'environnement URBAIN d'où je viens. Les palissades de bois étaient alors une évidence, représentant cette essence naturelle, mais aussi une barrière que l'on aurait envie de dépasser. Quand on peint dans la rue, on est habitué à ce type de support irrégulier, ce qui m'a ramené à une peinture beaucoup plus brute et plus proche de ce qu j'aime faire, du spontané, du gestuel et du direct.

- Pourquoi choisir de peintre ces guerriers de dos?

- Au début, je les peignais de face. Pour moi, ces guerriers sont avant tout des gardiens chargés de défendre leur tribu et leur territoire, sans attitude offensive, mais dans la tête des gens j'ai vu qu'ils pouvaient être menaçants. Alors j'ai choisi de les peindre de dos pour que celui qui regarde soit placé derrière lui et se sente ainsi protégé plutôt que menacé. Ces guerriers, gardiens de l'environnement et de la nature, existent aussi pour dénoncer le pillage de l'Afrique. Les remettre à leur place, au centre du débat, fait partie intégrante de ma démarche.

- Que vous apporte vos résidences à JARDIN ROUGE de MARRAKECH?

- J'ai fait ma première résidence à JARDIN ROUGE il y a plus de 2 ans. L'idée d'une résidence pour un artiste est de sortir de son cadre habituel, d'explorer des pistes différentes dans un autre contexte. Pour moi par exemple, c'est l'occasion de sortir de mon atelier Parisien, mais aussi de la rue où je peins. En termes de culture et de partage, tout est possible ici au Maroc, et plus largement dans toute l'Afrique. A Paris, une ville musée, tout le monde croit tout savoir sur l'art et croit être au centre du monde et de la culture. Dommage, car pour moi la culture doit être une perpétuelle remise en question plutôt qu'une certitude. Je repars toujours de MARRAKECH avec des idées nouvelles et avec l'envie de pousser encore plus loin la démarche.

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Guerrier Bantu -- Nelson Mandela -- 2013 -- Mur -- Vitry sur Seine
Guerrier Bantu -- Nelson Mandela -- 2013 -- Mur -- Vitry sur Seine.
Penseur -- 2016 -- Musée national de l'immigration -- Palais de la porte Dorée -- Paris
Performance -- 2016 -- 2 portes en bois -- Espace Cobalt -- Toulouse.
Je suis -- 2013 -- Acrylique et aérosol sur toile -- 130 x 195 cm.
Armée Bakaloi -- 2014 -- Acrylique sur toile -- 130 x 114 cm.
A SILENTIO -- 2016 -- Peinture industrielle sur toile.
HLM -- 2016 -- Peinture industrielle et carton sur toile -- Diptique -- 100 x 100 cm.
A  MUNDO  CONDITO -- 2016 -- Peinture industrielle et carton sur toile -- 170 x 200 cm.
GUERRIER BANTOU --- Acrylique sur toile
GUERRIER BANTOU --- Acrylique sur toile